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Sida/VIH

Sida/VIH


 

Infection au VIH (sida) : qu’est-ce que c’est?

Le VIH, ou virus de l’immunodéficience humaine, est un type de virus qui peut causer une maladie mortelle appelée sida (syndrome d’immunodéficience acquise). L’infection au VIH affaiblit progressivement le système immunitaire, c’est-à-dire les défenses naturelles du corps contre la maladie. Si elle n’est pas traitée, de graves maladies peuvent survenir. Des infections normalement anodines, comme une grippe ou une bronchite, peuvent s’aggraver, devenir très difficiles à traiter ou même entraîner le décès. De plus, le risque de cancer est considérablement accru.

Ce qui distingue le VIH des autres virus, c’est qu’il s’attaque au système immunitaire en prenant le contrôle des cellules T CD4. Ces dernières ont pour rôle de coordonner la réponse immunitaire lorsqu’un virus se présente. Lorsque le VIH utilise les cellules CD4 pour se propager, il les endommage et les détruit. Ce faisant, le VIH mine de l’intérieur le système immunitaire qui a pour rôle de le combattre (voir le schéma).

Contagion

Le VIH se transmet par les liquides corporels : principalement par le sang, mais aussi par le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel.

Le plus souvent, le virus est contracté au moment d’activités sexuelles non protégées ou par l’échange de seringues chez les utilisateurs de drogues injectables. Le risque de transmission par des baisers avec échange de salive est pratiquement nul.

Dans la plupart des pays industrialisés, les rapports homosexuels entre hommes constituent la plus importante voie d'infection. Cependant, la transmission hétérosexuelle a fortement progressé depuis le début de l’épidémie.

Le VIH ne se transmet pas des manières suivantes :
On ne peut pas le contracter par une poignée de main, par la sueur ou les larmes. Il n’est pas véhiculé par des insectes. On ne le contracte pas sur les sièges de toilette, ni en nageant dans les piscines publiques, en partageant la nourriture ou en utilisant le linge, les serviettes ou le téléphone d’une personne infectée.

L’épidémie

  • En Amérique du Nord, les premiers signes de l’épidémie sont apparus à la fin des années 1970. Les hommes homosexuels ont été les premiers touchés.
  • Le virus du VIH a été isolé en 1983.
  • Le premier traitement antirétroviral, l’AZT, a été découvert en 1987. La trithérapie, beaucoup plus efficace, est devenue disponible au milieu des années 1990.
  • Environ 40 millions de personnes dans le monde vivent présentement avec le VIH. Les deux tiers d’entre elles résident en Afrique subsaharienne1.
  • Au Canada, un peu plus de 2 600 nouveaux cas de séropositivité (présence des anticorps anti-VIH, confirmant l’infection) ont été signalés en 20082. Toutefois, cela sous-estime le nombre réel de cas, car on évalue que de 20 % à 30 % des Canadiens infectés par le VIH ignorent l’être. Les personnes les plus touchées sont les hommes de 15 ans à 39 ans.

Moins mortel, mais encore redoutable

Aucun traitement ne permet d’éliminer complètement le VIH du corps. Et malgré le fait qu’avec les traitements appropriés, une personne séropositive peut maintenant espérer vivre longtemps, l’infection au VIH demeure une maladie grave. Les personnes séropositives restent contagieuses toute leur vie, sont plus vulnérables à toutes sortes de maladies et doivent aussi supporter les effets indésirables d’une coûteuse trithérapie.

Non traitée, l’infection est mortelle et le sida demeure un fléau dans plusieurs régions du monde. Les médecins remarquent une banalisation de l’infection au VIH parmi les jeunes adultes et s’en inquiètent. Le nombre de personnes infectées a d’ailleurs significativement augmenté au Canada en 2008, tandis que l’infection s’était plutôt stabilisée depuis 20022. Cela laisse croire à un relâchement de la protection durant les activités sexuelles.

 

Évolution de l’infection vers le sida

  • 1re phase - primo-infection. Dans les semaines qui suivent l’infection, environ le tiers des personnes touchées présentent des symptômes semblables à ceux de la grippe ou de la mononucléose : fièvre, maux de tête, maux de gorge, rougeurs sur la peau, fatigue, douleurs musculaires, etc. Ces malaises se résorbent sans traitement.
  • 2e phase – infection asymptomatique. Le virus peut vivre dans l’organisme pendant de nombreuses années sans provoquer de symptômes. La personne peut donc avoir l’impression de ne pas être malade, mais elle demeure contagieuse. La séroconversion - le moment où une personne séronégative (pas d'anticorps dans le sang) devient séropositive (présence d'anticorps dans le sang) - se produit durant cette phase, habituellement de 1 à 3 mois après l'infection.
  • 3e phase – infection symptomatique. La personne ressent à l’occasion un ou des symptômes liés à l’infection au VIH (fatigue, diarrhée, gonflement des ganglions, perte de poids, sueurs nocturnes, fièvre, etc.).
  • 4e phase – sida (syndrome d’immunodéficience acquise). Si le nombre de cellules immunitaires (lymphocytes T CD4) est très bas et que le corps n’arrive plus à lutter contre d’autres infections ou maladies, le diagnostic de sida est posé. Les symptômes de l’infection deviennent plus apparents et constants. De plus, des infections opportunistes peuvent causer d’importants problèmes de santé. Les infections opportunistes sont des infections qui normalement ne sont pas graves, mais qui le deviennent chez les personnes qui ont de très faibles défenses immunitaires. Parmi les maladies opportunistes, on retrouve la candidose, la pneumonie, la tuberculose, les infections à l’herpès, et aussi des cancers (surtout des lymphomes et le sarcome de Kaposi).

Remarque. Les recherches ont montré que les maladies cardiovasculaires sont plus courantes chez les personnes séropositives, car leur organisme est soumis à un degré plus élevé d’inflammation. On sait que l’inflammation participe à la formation de plaques dans la paroi des artères, ce qui peut gêner la circulation du sang. De plus, des cas de dégénérescence cognitive (par exemple, la maladie d’Alzheimer) reliés à l’infection au VIH ont aussi été rapportés.

Le fait que le VIH prend directement le contrôle du système immunitaire le rend particulièrement dangereux. Pour découvrir comment le virus parvient à entrer dans les cellules immunitaires appelées lymphocytes T CD4 et à s’y multiplier, utilisez notre schéma interactif (au haut de la page).

Symptômes de l’infection au VIH (sida)

1re phase. Les symptômes ressemblent à ceux de la grippe ou de la mononucléose. Au moment de leur apparition, la personne infectée est particulièrement contagieuse. Ces symptômes persistent durant 1 semaine à 1 mois, puis disparaissent.

  • Fièvre
  • Maux de tête
  • Maux de gorge
  • Rougeurs sur la peau
  • Fatigue
  • Douleurs musculaires et articulaires

2e phase. Elle est souvent asymptomatique (absence de symptômes).

3e phase. L’organisme commence à donner des signes qu’il s’épuise. Certains symptômes deviennent plus fréquents, persistants et parfois chroniques, par exemple :

  • Fièvre
  • Sueurs nocturnes
  • Perte de poids importante
  • Gonflement des ganglions
  • Diarrhées persistantes
  • Infections de la peau
  • Toux sèche persistante
  • Essoufflement

4e phase. Diverses maladies peuvent survenir.

Personnes à risque

  • Les personnes habitant un pays ou originaires d’un pays où l’infection au VIH est très répandue (par exemple, l’Afrique subsaharienne et les Caraïbes).
  • Les enfants nés d’une mère séropositive n’ayant pas été traitée. Le virus se transmet durant la grossesse ou l’accouchement, mais aussi durant l’allaitement.
  • Les personnes qui occupent un emploi qui expose au sang ou à d'autres liquides organiques (professionnels de la santé, policiers, pompiers, etc.).
  • Les personnes ayant reçu une transfusion de sang ou de produits sanguins ou encore une transplantation d’organe de 1979 à novembre 1985 (moment à partir duquel le test de détection du VIH a été mis au point).

Facteurs de risque

Voici les comportements à risque.

  • Avoir des rapports sexuels non protégés avec une personne infectée par le VIH. Cela inclut les relations vaginales ou anales sans condom et les relations orales sans condom ou digue dentaire. La digue dentaire est un carré de latex mince utilisé pour couvrir la vulve ou l’anus durant la pratique du sexe oral. Les personnes qui ont des ulcères dans la bouche (des feux sauvages) ou sur les organes génitaux (gonorrhée, syphilis, herpès génital, etc.) risquent davantage de contracter ou de transmettre le VIH.
  • Avoir des rapports sexuels avec plusieurs partenaires, avec un partenaire qui a ou a eu plusieurs partenaires, ou avec un partenaire qui consomme ou a consommé des drogues administrées par voie intraveineuse.
  • Partager ses seringues, pour les utilisateurs de drogues injectables.
  • Se faire tatouer ou « percer » avec des aiguilles usagées.

Prévention de l’infection au VIH (sida)

Mesures de dépistage

Comment dépiste-t-on le VIH?

Le test du VIH consiste à détecter la séropositivité, c’est-à-dire la présence des anticorps anti-VIH dans un échantillon de sang (méthode ELISA), à partir d’une prise de sang. Il faut attendre 3 semaines avant d’avoir le résultat. Si celui-ci est négatif, il se peut que le médecin recommande un second test, car il est possible qu’il y ait une infection, mais que les anticorps ne soient pas encore détectables.

Il existe aussi un test de dépistage rapide, qui peut être fait dans le cabinet du médecin, au moment même de la consultation. Le résultat s’obtient en 20 à 30 minutes.

Qui devrait subir le test?

- Les personnes qui ont vécu une situation à risque de contracter le virus.
- Les personnes qui ont des symptômes pouvant être dus à une infection au VIH (à discuter avec un médecin).
- Les femmes enceintes qui croient être à risque d’être infectées, afin de prévenir la transmission du VIH à l’enfant.
- Les personnes qui vivent une relation de couple fidèle, qui veulent cesser d’utiliser des préservatifs, mais qui veulent d’abord s’assurer qu’elles ne sont pas infectées.

À quel moment passer le test?

Le meilleur moment pour passer un test de dépistage du VIH fiable est 3 mois après le moment où l’on croit avoir été exposé au virus.

 

Mesures préventives de base

Pour les personnes non infectées

  • Évitez tout contact direct avec le sang (y compris le sang des menstruations), le sperme et les sécrétions vaginales d’une personne infectée par le VIH.
  • Utilisez des condoms pour tous les rapports sexuels quelle qu'en soit la modalité (vaginaux, anaux, oraux), sauf entre partenaires fidèles. Les lubrifiants à base de pétrole peuvent endommager le caoutchouc des condoms : utilisez seulement des lubrifiants à base d’eau.
  • N’échangez pas les accessoires sexuels.
  • Ne partagez pas votre brosse à dents, rasoir, lime ou tout autre article personnel.
  • Si vous utilisez des drogues intraveineuses, ne partagez pas vos seringues ni le matériel d’injection. Si malgré tout il y a partage des aiguilles et des seringues, désinfectez-les à 2 reprises avec du javellisant non dilué puis de l’eau pour détruire le VIH.

Pour les personnes infectées (incluant celles qui sont traitées)

  • Utilisez des condoms pour chaque relation sexuelle (orale, vaginale et anale). Ainsi, non seulement vous ne transmettrez pas le VIH à votre partenaire, mais vous éviterez aussi de vous réexposer au VIH. Contracter de nouveau le VIH peut aggraver l’infection déjà présente et accélérer la progression vers le sida. De plus, en vous protégeant, vous réduirez votre risque de contracter une infection transmise sexuellement (ITS). Les personnes séropositives ont un risque accru de contracter une ITS et que celle-ci soit plus difficile à traiter.
  • Ne partagez pas d’aiguilles ou de dispositifs associés aux drogues.
  • Ne partagez pas votre brosse à dents, rasoir, lime ou tout autre article personnel qui peut porter des traces de sang.
  • Couvrez toutes plaies avec un pansement.
  • Nettoyez toute surface contaminée par votre sang avec de l’eau de Javel (1 partie de Javel pour 9 parties d’eau).
  • Ne pas donner de sang, d’organes ou de sperme pour l’insémination artificielle.
  • Si vous êtes enceinte, votre bébé peut être protégé si vous recevez un traitement contre le VIH.
  • Si votre partenaire a été exposé au VIH, consultez un médecin le plus rapidement possible, au maximum dans les 72 heures qui suivent. Un traitement préventif peut être donné (une « prophylaxie post-exposition »).

Remarque. Des chercheurs travaillent à élaborer un vaccin qui empêcherait de contracter le VIH. Cependant, les obstacles sont nombreux et on ne peut s’attendre à ce qu’un tel vaccin soit disponible avant 20203. Il est très difficile de trouver des molécules qui neutralisent complètement le virus à son site d’entrée. De plus, le VIH mute souvent, c’est-à-dire que ses gènes changent et donc que la durée d’action du vaccin peut être très limitée.

 

Autres mesures pour retarder l’apparition du sida et prévenir les maladies opportunistes

  • Pour bien soutenir l’organisme et le système immunitaire, il est recommandé d’avoir de saines habitudes de vie : bien s’alimenter, faire de l’exercice, prendre suffisamment de repos, ne pas fumer, avoir une consommation modérée d’alcool, etc. Le recours à un soutien émotif et spirituel permet aussi de mieux affronter le stress. Puisque l’espérance de vie avec le VIH s’est beaucoup accrue au cours des 30 dernières années, les médecins insistent encore davantage sur l’importance de prendre soin de sa santé. Pour en savoir plus, consulter notre fiche Renforcer son système immunitaire.
  • Plusieurs vaccinations peuvent être indiquées, selon le cas (contre la pneumonie, la grippe, le tétanos, l’hépatite, etc.). Se renseigner auprès de son médecin.
  • Dans le but d’éviter les infections et intoxications d'origine alimentaire, les personnes vivant avec le VIH/sida doivent être particulièrement prudentes et éviter certains aliments crus (oeufs, volailles, viandes saignantes et tartares, poissons et fruits de mer) de même que les produits laitiers non pasteurisés.
  • Une grande prudence est également de mise avec les animaux domestiques ou autres, qui peuvent entraîner des infections opportunistes graves. Se laver soigneusement les mains après avoir touché à des animaux.

Traitements médicaux de l’infection au VIH (sida)

Attention! Les personnes infectées doivent en tout temps prendre leurs précautions pour ne pas transmettre l’infection, même si elles sont traitées et que l’infection est très bien contrôlée.

Aucun de ces traitements ne guérit la maladie, mais grâce à eux, la majorité des patients peuvent vivre beaucoup plus longtemps qu’avant. Au début de l’épidémie, plusieurs personnes mouraient du sida 1 an après avoir été diagnostiquées séropositives. De plus, les effets secondaires des médicaments sont moins puissants qu’autrefois.

Les traitements contre le VIH/sida comportent 2 principaux volets : le traitement immédiat (par la trithérapie) et celui des maladies opportunistes.

La trithérapie

On traite généralement le VIH au moyen d'un traitement antirétroviral (car le VIH est un rétrovirus) hautement actif, une puissante combinaison d’au moins 3 médicaments. Ces antirétroviraux ralentissent la progression du VIH en s’attaquant au virus afin de réduire le plus possible la charge virale. Cependant, ils sont très chers (de 1 200 $ à 1 500 $ par mois) et donc loin d’être accessibles à tous les patients, notamment dans les pays sans système public ou privé d’assurance-maladie.

Il existe 5 classes de médicaments antirétroviraux, et plusieurs molécules légèrement différentes dans chacune d’entre elles.

  • Inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) (l'AZT ou zidovudine fait partie de cette classe de médicaments).
  • Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI).
  • Inhibiteurs de la protéase.
  • Inhibiteurs de l’entrée et de la fusion. Utilisés plus tard dans la maladie, lorsque le patient a déjà pris plusieurs autres médicaments.
  • Inhibiteurs de l’intégrase. Utilisés plus tard dans la maladie, lorsque le patient a déjà pris plusieurs autres médicaments.

Le traitement est adapté à chaque cas. La plupart des personnes sont traitées avec 2 inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) et 1 inhibiteur non nucléosidique (INNTI) ou 1 inhibiteur de la protéase (voir le schéma pour visualiser les enzymes sur lesquels ils agissent).

Pour être efficace, le traitement doit être suivi à la lettre, c’est-à-dire qu’il faut prendre les comprimés tous les jours aux heures prescrites par le médecin, et donc être prêt à modifier ses habitudes de vie. Plusieurs de ces médicaments sont maintenant disponibles en 1 seule dose quotidienne. La fidélité au traitement est extrêmement importante, car elle empêche aussi l'apparition de résistances médicamenteuses (si le dosage d’un médicament baisse dans le corps, cela accroît le risque que le virus se transforme ou mute pour « survivre »).

Par ailleurs, il faut trouver le meilleur équilibre possible entre l’efficacité du traitement et le maintien d’une bonne qualité de vie. Les effets indésirables des médicaments peuvent être importants : fatigue, maux de tête, perte de l'appétit, éruptions cutanées, diarrhée, etc.

Des comprimés uniques ont vu le jour récemment (par exemple, Atripla®). Au lieu de prendre 3 médicaments antirétroviraux, par exemple, ceux-ci sont combinés en 1 seul comprimé, pris 1 fois par jour. Les effets indésirables semblent acceptables. Différents types de combinaisons ont été développés par l’industrie pharmaceutique.

Remarque. Les chercheurs travaillent à créer des « vaccins thérapeutiques » qui aideraient le système immunitaire à combattre l’infection. Or, cette voie de recherche est beaucoup plus complexe que prévu40. Ce type de vaccin risquerait d’affaiblir beaucoup le système immunitaire en détruisant des cellules qui jouent un rôle de pilier dans l’immunité.

La prévention et le traitement des maladies opportunistes liées au sida

Il est nécessaire de se soumettre à des examens réguliers pour dépister certaines maladies à leur stade précoce. Il faut aussi recevoir certains vaccins et prendre des médicaments afin de prévenir les infections fréquentes chez les personnes aux prises avec le VIH/sida. Si une infection opportuniste se déclare, le médecin peut recommander de poursuivre le traitement même après la guérison afin d’empêcher une récidive.

En cas de cancer, on a recours à une chimiothérapie ou une radiothérapie.

Autres

Les carences en vitamines et en minéraux sont plus fréquentes chez les personnes séropositives30. Certains médicaments peuvent couper l’appétit, et la lutte contre le virus requiert plus d’énergie et de nutriments. Selon des études scientifiques, ces carences risquent d’accélérer la progression de l’infection vers le sida31-33. Cet effet a été surtout remarqué en milieu défavorisé. Plusieurs professionnels de la santé estiment que la prise quotidienne d’un supplément de multivitamines et minéraux peut être bénéfique pour les personnes infectées par le VIH, surtout si l’alimentation est déficiente.

Toutes les personnes infectées par le VIH devraient obtenir un suivi de leurs taux d’hormones sexuelles. En cas de déficience, un traitement hormonal de substitution peut être entrepris. Chez les hommes, par exemple, la thérapie hormonale peut aider à maintenir la masse musculaire ou à restaurer la libido.

Certaines personnes prennent de la marijuana (Cannabis sativa) pour stimuler leur appétit. En effet, au Canada et aux États-Unis, le dronabinol (THC synthétique sur ordonnance) en capsules est approuvé pour stimuler l'appétit en cas d’anorexie, chez les sidéens. Ce médicament s’obtient sur ordonnance.

L’opinion de notre médecin

Si vous lisez cette fiche, c’est peut-être que vous (ou un proche) venez d'apprendre que vous avez contracté une infection au VIH. Dans ce cas, ne restez pas seul avec cette nouvelle. Ne vous isolez pas. Parlez à un proche qui a votre confiance. Si vous craignez les réactions de vos proches, parlez d’abord à un organisme d'entraide.

Ensuite, si c’est vous qui êtes séropositif, donnez-vous un peu de temps pour « digérer » la nouvelle. Et revoyez votre médecin. Vous avez probablement des questions à lui poser. Il se peut fort bien que vous n’ayez pas retenu les renseignements qu’il vous a donnés tout juste après le diagnostic. C’est normal, car vous étiez probablement sous le choc. Cette fiche et les sites indiqués en référence vous donneront beaucoup d'informations utiles et fiables, et votre équipe soignante vous aidera à personnaliser cette information, à l’adapter à votre situation. Vous serez alors outillé de façon optimale pour conserver (ou reprendre) votre santé en main.

 

Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

 

Révision médicale (juillet 2010) : Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

Approches complémentaires

Les plantes, suppléments et thérapies mentionnés ci-dessous ne peuvent en aucun cas remplacer un traitement médical. Ils ont tous été expérimentés à titre d’adjuvants, c’est-à-dire, en complément du traitement principal. Les personnes infectées par le VIH ont recours à des traitements complémentaires pour favoriser leur mieux-être général, atténuer les symptômes de la maladie et combattre les effets secondaires de la trithérapie.

En soutien et en complément aux traitements médicaux

Efficacité probable

Gestion du stress.

Voir la légende des symboles

Efficacité possible

Exercice physique.

Efficacité incertaine

Acupuncture, coenzyme Q10, homéopathie, glutamine, lentinane, melaleuca (huile essentielle), N-acétylcystéine.

 

Efficacité probable Gestion du stress. De nombreuses études indiquent que le recours à différentes techniques de gestion du stress ou de relaxation améliore non seulement la qualité de vie en réduisant l’anxiété et le stress et en améliorant l’humeur, mais a des répercussions positives sur le statut immunitaire des personnes vivant avec le VIH ou le sida4-8. Voir notre dossier Le stress et l’anxiété et notre fiche Approches corps-esprit.

Efficacité possible Exercice physique. Plusieurs études indiquent que l’activité physique chez les personnes séropositives donne des résultats positifs à plusieurs chapitres : qualité de vie, humeur, gestion du stress, résistance à l’effort, gain de poids, immunité9-12.

Efficacité incertaine Acupuncture. Quelques études contrôlées ont porté sur les effets de l’acupuncture auprès des personnes touchées par le VIH ou le sida.

Les résultats d’un essai portant sur 23 sujets infectés par le VIH et souffrant d’insomnie indiquent que 2 traitements d’acupuncture par semaine durant 5 semaines ont nettement amélioré la durée et la qualité de leur sommeil13.

Au cours d’une étude menée par des chercheurs chinois, un traitement d’acupuncture quotidien durant 10 jours a permis de réduire plusieurs des symptômes de 36 patients hospitalisés : fièvre (chez 17 patients sur 36), douleurs et engourdissements des membres (19/26), diarrhée (17/26) et sueurs nocturnes (12/33)14.

Au cours d’un autre essai mené sur 11 sujets infectés par le VIH, 2 traitements d’acupuncture par semaine durant 3 semaines ont permis une légère amélioration de la qualité de vie chez les patients traités par rapport aux patients ayant reçu un « faux traitement »15.

Note. Le risque de contracter une infection par le VIH durant des traitements d'acupuncture est minime, mais il existe. C'est pourquoi les patients devraient exiger que leur acupuncteur utilise des aiguilles à usage unique (jetables), une pratique que les associations ou ordres professionnels de certains pays ou provinces ont rendue obligatoire (c’est le cas de l’Ordre des acupuncteurs du Québec).

Efficacité incertaine Coenzyme Q10. En raison de son action sur les cellules responsables de l'activité immunitaire dans l'organisme, on a eu recours aux suppléments de coenzyme Q10 dans diverses affections où le système immunitaire se trouvait affaibli. Les résultats d'études cliniques préliminaires indiquent que la prise de 100 mg, 2 fois par jour, pourrait contribuer à augmenter la réponse immunitaire chez les personnes atteintes de sida16,17.

Efficacité incertaine Glutamine. De nombreuses personnes vivant avec le VIH/sida subissent une perte de poids importante (cachexie). Les résultats de 2 études à double insu avec placebo menées auprès de sidéens indiquent que la glutamine peut favoriser un gain de poids18,19.

Efficacité incertaine Homéopathie. Les auteurs d’une revue systématique20 publiée en 2005 ont relevé des résultats positifs de traitements par homéopathie, comme une augmentation du nombre de lymphocytes T, une hausse du pourcentage de gras corporel et une diminution des symptômes de stress.

Efficacité incertaine Lentinane. Le lentinane est une substance hautement purifiée extraite du shiitake, un champignon utilisé en Médecine traditionnelle chinoise et japonaise. En 1998, des chercheurs américains ont administré du lentinane à 98 sidéens dans le cadre de 2 essais cliniques (phases I et II). Bien que les résultats n'aient pas permis de conclure à un effet thérapeutique significatif, on a tout de même observé une légère amélioration des défenses immunitaires des sujets21.

Efficacité incertaine Melaleuca (Melaleuca alternifoli). L'huile essentielle extraite de cette plante pourrait être utile contre l’infection de la muqueuse buccale par le champignon Candida albicans (candidose buccale ou muguet). Les résultats d'un essai mené auprès de 27 sidéens atteints de muguet résistant au traitement classique (fluconazole) indiquent qu'une solution d'huile essentielle de melaleuca, avec ou sans alcool, a permis d’enrayer l’infection ou d’en atténuer les symptômes22.

Efficacité incertaine N-acétylcystéine. Le sida cause une perte massive de composés soufrés, et en particulier de glutathion (un puissant antioxydant produit par le corps), ce qui pourrait être compensé par la prise de N-acétylcystéine. Les résultats des études ayant vérifié son effet sur les paramètres immunologiques des personnes atteintes sont cependant mitigés à ce jour23-29.

Sites d’intérêt

Canada

Réseau canadien d’info-traitements sida (CATIE)
Ce site très complet et à jour regorge de renseignements (en français et en anglais) sur une foule de sujets. On y trouve de l’information et des nouvelles récentes sur la recherche.
www.catie.ca
Guide pratique de la nutrition : www.catie.ca/ng_f.nsf
Guide pratique des thérapies complémentaires : www.catie.ca/comp_f.nsf
Guide pratique des plantes médicinales : www.catie.ca/herb_f.nsf

Portail VIH/Sida du Québec
Ce portail réunit les ressources communautaires québécoises qui offrent des services aux personnes infectées par le VIH. Il s’agit d’une initiative de la Maison du Parc, une maison d’hébergement pour les femmes et les hommes atteints du VIH/sida. Voir le calendrier des conférences à venir et le bottin des ressources pour chaque région du Québec.
www.pvsq.org

Société canadienne du sida
La Société canadienne du sida regroupe plus de 125 organismes communautaires. Elle contribue à la défense des droits et des intérêts des personnes infectées par le VIH.
www.cdnaids.ca

Clinique médicale l'Actuel
Site Internet de la première clinique québécoise spécialisée dans le dépistage et le traitement des MTS et du sida. Information médicale et sur l’état de la recherche; consultations; laboratoire; section sur la santé sexuelle des gais et lesbiennes.
http://cliniquelactuel.com/

Conseil canadien de surveillance et d’accès aux traitements (CCSAT)
Dirigé par des personnes vivant avec le VIH/sida, le CCSAT fait la promotion de l'éducation publique et de l'élaboration de politiques gouvernementales éclairées. Il vise également à sensibiliser le public aux questions influant sur l'accès aux traitements.
www.ctac.ca

Réseau canadien autochtone du sida
Un organisme sans but lucratif qui offre du soutien aux autochtones du Canada touchés par le VIH/sida. Ce réseau soutient aussi la recherche sur les problématiques que soulève la maladie.
www.caan.ca

Réseau juridique canadien VIH/sida
Ce site bilingue (français et anglais) offre de l'information sur les questions juridiques, éthiques et de droits de la personne relatives au VIH/sida.
www.aidslaw.ca

Guide Santé du gouvernement du Québec
Pour en savoir plus sur les médicaments : comment les prendre, quelles sont les contre-indications et les interactions possibles, etc.
www.guidesante.gouv.qc.ca

France

Association de recherche, de communication et d'action pour l'accès aux traitements (ARCAT)
Créée en 1985, l’ARCAT, rassemble des professionnels, médecins, travailleurs sociaux, journalistes, sociologues, psychologues, ainsi que des bénévoles unissant leurs compétences au service de la lutte contre le sida et les pathologies associées. Ce site offre une section intitulée Lutte contre le Sida : les adresses en France, ainsi que plusieurs brochures téléchargeables destinées au grand public et aux professionnels de la santé.
www.arcat-sida.org

International

ONUSIDA
Ressource utile pour tous ceux qui cherchent des rapports approfondis et d’actualité sur la dimension internationale de l’épidémie. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida a pour mission d’être le principal responsable du plaidoyer pour une action mondiale contre le VIH/sida. L’ONUSIDA travaille avec de nombreux partenaires pour catalyser, renforcer et coordonner l’expertise, les ressources et les réseaux d’influence uniques apportés par chacun. On accède à des renseignements sur la Journée mondiale du sida.
www.unaids.org

Groupes de soutien

Consulter la liste des groupes de soutien Sida.

 

Recherche et rédaction : PasseportSanté.net
Mise à jour :
juillet 2010

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée.

Bibliographie

Agence canadienne de la santé publique du Canada. Maladies infectieuses - VIH-SIDA, ASPC. [Consulté le 9 juin 2010]. www.phac-aspc.gc.ca
Clinique médicale l'Actuel (Montréal, Québec). [Consulté le 9 juin 2010]. http://cliniquelactuel.com/
Conseil Canadien de surveillance et d’accès aux traitements (CCSAT). [Consulté le 9 juin 2010]. www.ctac.ca
Ernst E, Pittler MH et Wider B (Ed). The Desktop Guide to Complementary and Alternative Medicine : an evidence-based approach, Mosby Elsevier, Angleterre, 2006.
Le Collège des médecins de famille du Canada. Programmes, Éducation des patients – Le VIH/SIDA – Comment réduire votre risque d’infection, Le Collège des médecins de famille du Canada. [Consulté le 9 juin 2010]. www.cfpc.ca
Mayo Foundation for Medical Education and Research (Ed). Diseases & Conditions – HIV/AIDS, MayoClinic.com. [Consulté le 9 juin 2010]. www.mayoclinic.com
National Library of Medicine (Ed). PubMed, NCBI. [Consulté le 9 juin 2010]. www.ncbi.nlm.nih.gov
Natural Standard (Ed). Condition Center – AIDS/HIV, Nature Medicine Quality Standards. [Consulté le 9 juin 2010]. www.naturalstandard.com
ONUSIDA. [Consulté le 9 juin 2010] www.unaids.org
Réseau canadien d’info-traitements sida. [Consulté le 9 juin 2010].www.catie.ca
Steben, Dr Marc, médecin conseil, Direction des risques biologiques et de la santé au travail. Entrevue réalisée le 16 juin 2010 (Montréal).
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Notes

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